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À Paris, louer sur Airbnb est rentable à partir de 126 nuits par an

À Paris, louer sur Airbnb est rentable à partir de 126 nuits par an

INFO LE FIGARO – C’est le seuil à partir duquel un propriétaire habitant dans la capitale gagne plus en louant sur des plateformes de type Airbnb qu’en location classique.

À Paris, une location sur Airbnb (saisonnière) est plus rentable qu’une location classique (à l’année) à partir de 126 nuits par an. C’est le résultat d’une étude d’impact menée en octobre dernier par le cabinet Asterès qui s’est appuyé sur les données transmises par la plateforme. Si Airbnb a accepté de communiquer cette statistique, elle n’a, en revanche, pas souhaité rendre publique l’étude dans son intégralité. Il n’empêche: ce chiffre jusque-là gardé secret par la société, se suffit à lui-même pour comprendre pourquoi certains propriétaires dépassent la durée légale de 120 jours par an.

Fin octobre, Asterès a également réalisé une étude d’impact pour Bordeaux, ville où les prix immobiliers se sont le plus envolés, avec Paris, l’année dernière (+12% selon les notaires). Pour le propriétaire d’un meublé vivant dans la préfecture de la Gironde, la location saisonnière sur Airbnb est plus rentable qu’une location longue durée à partir de la 134e nuit louée. Un chiffre là encore supérieur à la limite de 120 jours par an. À titre d’exemple, à partir de la 200e nuit, là où une location via Airbnb à Bordeaux génère un bénéfice de près de 3500 euros par an, le profit réalisé avec une location classique se limite à un peu plus de 1000 euros.

Si la durée légale est souvent dépassée par les propriétaires, c’est aussi parce que la location saisonnière est plus rémunératrice que la location à l’année. «Dans l’hypothèse d’un propriétaire possédant un studio dans le XVe, secteur Eiffel, il peut le louer en longue durée entre 850 et 900 euros par mois. Dans le cas d’une location de courte durée et en respectant la loi (120 jours par an), le bien peut se louer 90 euros par nuit, soit 900 euros par mois», explique Fabrice Abraham, directeur général du réseau immobilier Guy Hoquet. Soit un écart d’au minimum 50 euros par mois. «Au minimum», car si le propriétaire ne respecte pas la loi, la différence de revenus entre les deux types de location peut encore grimper.

Mais face à la réglementation qui devient plus stricte (obligation de s’enregistrer, durée de location limitée à 120 jours par an) et les amendes élevées (jusqu’à 10.000 euros en cas d’annonces illégales), les propriétaires vont-ils continuer à prendre le risque d’enfreindre la loi? Pas si sûr. De plus en plus de particuliers qui louaient sur Airbnb songeraient à revenir vers de la location meublée traditionnelle. Lodgis, spécialiste de ce type de location, reçoit entre 230 et 250 nouvelles demandes par mois venant de propriétaires qui louaient jusqu’à présent en meublé touristique. En général, elles débouchent sur 60 à 70 nouveaux mandats par mois.

Le réseau immobilier Guy Hoquet fait, lui, le constat inverse: dans les zones tendues (villes où l’offre de logements est insuffisante), les propriétaires préfèrent encore les locations saisonnières au détriment des baux de longue durée. Depuis quatre ans, Guy Hoquet a enregistré une baisse d’environ 30% des locations de longue durée à Paris, Bordeaux et Lyon. «Le marché se tend ainsi de plus en plus et les prix grimpent inexorablement», déplore Fabrice Abraham.


Méthodologie de l’étude:

Pour Paris comme pour Bordeaux, la rentabilité est calculée, sur une année, par la différence entre les revenus et l’ensemble des charges qui pèsent sur le propriétaire, fixes* et variables**. Le revenu annuel médian s’élève à 1700 euros à Bordeaux, selon la base de données d’Airbnb,contre 2300 euros à Paris. Il peut grimper jusqu’à 7500 euros du côté de Saint-Tropez.

* pour une location saisonnière: les taxes foncière et d’habitation, charges de copropriété, entretien, abonnement internet. Pour une location à l’année: la taxe foncière, les charges de copropriété et les charges d’entretien.

** pour une location saisonnière: l’impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux, l’entretien lié à la détérioration du bien à la suite d’un changement de locataire et les frais liés à la gestion des locations. Pour une location à l’année: l’impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux et les frais de gestion et d’assurance.

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